Décédé des suites de son agression par un co-détenu
Agressé en prison
L'agresseur emprisonné pour terrorisme
De nombreux soutiens en Corse
Fils d'un ancien député
Retour en Corse
Proche du Front de libération nationale corse
L'affaire de la gendarmerie
Assassinat de Claude Érignac
Revendiqué par les
Yvan Colonna en fuite
Arrêté quatre ans plus tard
Yvan Colonna porte plainte contre Nicolas Sarkozy
Yvan Colonna incriminé
Condamné trois fois à la perpétuité
Un procès non équitable ?
Un second enfant
Tentative d'évasion
Sa femme s'adresse au président
Des manifestations violentes
300 cocktails Molotov
Une page qui se tourne
Yvan Colonna est mort des suites de son agression par un co-détenu
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Décédé des suites de son agression par un co-détenu

Emprisonné depuis de longues années pour l'assassinat du préfet Claude Érignac en 1998, Yvan Colonna est décédé le lundi 21 mars 2022, des suites de l'agression qu'il avait subie le 2 mars de la part d'un co-détenu radicalisé.

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Agressé en prison

Depuis plusieurs semaines, Colonna était entre la vie et la mort. Le 3 mars, on a appris que son agresseur, placé en garde à vue, justifiait son geste en affirmant que le terroriste corse avait "blasphémé".

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L'agresseur emprisonné pour terrorisme

Franck Elong Abé, l’agresseur, détenu à la prison d'Arles pour terrorisme, a indiqué durant sa garde à vue que Colonna a "mal parlé du prophète". Il a donc tenté de l’étrangler, puis l’a frappé à de nombreuses reprises. Peu après les faits, la mort d’Yvan Colonna avait été annoncée avant d’être démentie.

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De nombreux soutiens en Corse

Yvan Colonna, berger de Cargèse et appartenant à des mouvements corses indépendantistes avait toujours nié les faits qui lui sont reprochés et pour lesquels il était en prison. Il n’en restait pas moins l’un des prisonniers les plus célèbres de France, qui rencontrait de nombreux soutiens sur l’île de beauté. Mais connaissez-vous vraiment l’affaire Colonna ? On vous dit tout.

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Fils d'un ancien député

Yvan Colonna est né le 7 avril 1960, à Ajaccio. Sa mère, Cécile Riou, vient du Finistère, son père, Yvan Colonna est quant à lui le fils de Jean-Hugues Colonna, né à Cargèse et ancien député socialiste des Alpes-Maritimes. La famille déménage à Nice en 1975.

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Retour en Corse

Le jeune Yvan Colonna commence des études pour devenir professeur d'éducation physique et sportive. Mais en 1981, après un service militaire dans la brigade des sapeurs-pompiers de Paris, il retourne en Corse. Il commence alors un élevage de chèvres. En 1990, sa femme, Pierrette, met au monde leur premier fils, Jean-Baptiste.

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Proche du Front de libération nationale corse

À la même époque, il entame ses premières actions militantes auprès de mouvement proches du Front de libération nationale corse (FLNC), qui milite pour l’indépendance de l'île. Mais au début des années 1990, quand le mouvement FLNC se déchire violemment entre les mouvements Canal Historique, Canal Habituel et Resistenza Corsa, Colonna prend du recul.

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L'affaire de la gendarmerie

En 1997, il est poursuivi pour "association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste". Il a en effet, attaqué une gendarmerie corse à coups d’explosifs. Durant cette attaque, deux gendarmes ont été pris en otage. Dans cette affaire, il est condamné pour son rôle de guetteur.

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Assassinat de Claude Érignac

Le vendredi 6 février 1998, Claude Érignac, préfet de Corse et de Corse-du-Sud depuis le 5 février 1996, dépose sa femme devant un théâtre. Le couple doit assister à un concert de musique classique. Il gare sa voiture pour retourner au théâtre à pied. Quelques minutes plus tard, il est abattu : trois balles dans le dos, une dans la nuque à bout portant et deux dans la tête pour l'achever. Le tireur sort le chargeur de son pistolet et dépose son arme à côté du corps : le fameux Beretta 1992 F. L’arme avait été volée à l'un des gendarmes pris en otage en 1997.

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Revendiqué par les "Anonymes"

Le 9 février 1998, l’assassinat est revendiqué par le groupe nationaliste corse, les “Anonymes”. Selon eux, le préfet représente un État colonial qui n’écoute pas leur revendication et leur souhait d’indépendance entre autres. Cet acte est destiné à être un électrochoc.

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Yvan Colonna en fuite

Quatre hommes sont arrêtés le 21 mai, non loin d’Ajaccio. Didier Maranelli est le premier à être arrêté. Les autres, Alain Ferrandi, Marcel Istria et Pierre Alessandri avouent leur implication deux jours après. Les hommes dénoncent un autre complice, Yvan Colonna, qui prend la fuite le 23 mai 1999. Huit autres personnes sont mises en examen pour assassinat ou complicité d’assassinat.

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Arrêté quatre ans plus tard

Le procès s’ouvre le 2 juin 2003. Les quatre accusés, Didier Maranelli, Alain Ferrandi, Marcel Istria et Pierre Alessandri mettent tous Yvan Colonna hors de cause. Mais après plusieurs années de cavale et de traque, ce dernier est arrêté le 5 juillet de la même année, à Olmeto, en Corse. Il est incarcéré à la prison de la Santé.

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Yvan Colonna porte plainte contre Nicolas Sarkozy

Le soir de l’arrestation, le premier ministre de l’époque, Nicolas Sarkozy, déclare, “La police française vient d'arrêter Yvan Colonna, l'assassin du préfet Érignac”. Il sera largement critiqué pour atteinte à la présomption d'innocence. De fait, Yvan Colonna entamera des poursuites judiciaires contre lui. Cependant, Colonna ne pourra pas le traîner tout de suite devant la justice : en raison de son immunité, le tribunal de Paris n'a pu que reporter son jugement à la fin des fonctions présidentielles de Nicolas Sarkozy. Colonna perdra finalement le procès en 2012.

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Yvan Colonna incriminé

Alain Ferrandi et Pierre Alessandri sont condamnés à la réclusion à perpétuité. Les six autres complices jugés sont quant à eux condamnés à des peines de 15 à 30 ans. Durant leur procès, ils sont plusieurs à incriminer Yvan Colonna, avant de se rétracter, probablement sous la menace de représailles.

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Condamné trois fois à la perpétuité

Le 12 novembre 2007, Colonna est condamné à la perpétuité. La peine du procès en appel de 2009 sera la même, tout comme lors du pourvoi en cassation en 2011.

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Un procès non équitable ?

Yvan Colonna saisit la Cour européenne des droits de l'Homme, le 11 janvier 2013. Il estime que son procès n’a pas été équitable. Sa requête est rejetée en janvier 2015. La Cour européenne des droits de l'homme estime qu'elle est irrecevable.

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Un second enfant

Alors même qu'il est incarcéré à Fresnes, il se marie en 2011 avec Stéphanie. La même année, le couple accueillera un enfant, Joseph.

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Tentative d'évasion

C’est une tentative d’évasion dont on se souvient. En 2013, Yvan Colonna est transféré à la prison de Réau, en Seine-et-Marne, pour suspicion de tentatives d'évasion avec rien de moins que des explosifs. Quelques semaines plus tard, il est renvoyé à Arles.

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Sa femme s'adresse au président

En 2018, sa femme Stéphanie Colonna, s’adresse à Emmanuel Macron. Elle lui signale que son fils ne peut pas voir son père. Incarcéré sous le statut de “détenu particulièrement signalé”, elle lui réclame son transfert en Corse.

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Des manifestations violentes

Dans la journée du 13 mars, quelques jours après l'agression subie par Colonna en prison, une manifestation de soutien a rassemblé plusieurs milliers de personnes à Bastia. Des affrontements ont eu lieu avec la police et des centaines de manifestants ont incendié le centre des impôts.

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300 cocktails Molotov

Malgré un dispositif de sécurité important, "environ 300 cocktails Molotov ont été découverts", selon le procureur de Bastia cité par France Info. Des dizaines de personnes ont été blessées, notamment parmi les forces de l'ordre. La manifestation a aussi été le théâtre de slogans très hostiles à l'État français.

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Une page qui se tourne

Alors que les discussions sur l'avenir de la Corse s'ouvrent à nouveau au sommet de l'État, c'est une page de l'histoire corse qui se tourne. Figure emblématique du terrorisme indépendantiste, Yvan Colonna appartient désormais au passé. Est-ce le signe que débute une nouvelle ère, marquée par le dialogue ?

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