Émeutes aux Antilles : des images choc de la crise !

Chaos aux Antilles
Un faible taux de vaccination
Mobilisation contre le pass sanitaire
Grève générale
Une semaine de violences urbaines
Des armes de guerre dérobées
Menaces sur les soignants
Vers une pénurie ?
Des renforts de métropole
Un couvre-feu depuis vendredi dernier
Le mouvement s’est étendu à la Martinique
Des revendications multiples
Des îles frappées par la crise économique
Le fléau du chômage des jeunes
Le précédent de 2009
Une levée des barrages
Vers un retour au calme ?
Le gouvernement reste ferme
Plus de solidarité économique
Le mouvement se poursuit
Chaos aux Antilles

Magasins fermés, routes barrées, magasins pillés : les îles de la Guadeloupe et de la Martinique, dans les Antilles françaises, sont en proie au chaos depuis plusieurs jours. Que se passe-t-il et comment en est-on arrivé là ?

Un faible taux de vaccination

Tout a commencé lorsque la population guadeloupéenne, globalement sceptique vis-à-vis du vaccin, s’est mobilisée contre l’application du pass sanitaire sur l’île. Environ une moitié seulement de la population adulte a reçu au moins une dose de vaccin, un niveau bien plus faible que la moyenne nationale.

Mobilisation contre le pass sanitaire

Le conflit a démarré avec la contestation de l’obligation vaccinale pour les soignants, décidée récemment par le gouvernement français. Les 13% des personnels de santé non-vaccinés ont vu leurs postes être suspendus.

Grève générale

Pour s’opposer à ces mesures, une grève générale a été lancée par plusieurs syndicats le 15 novembre. La grève des soignants a été rejointe par plusieurs autres professions : enseignants, personnels de l’hôtellerie et de la restauration, pompiers…

Une semaine de violences urbaines

Depuis environ une semaine, le mouvement de contestation s’est durci. Les manifestants ont d’abord installé des barrages pour bloquer les routes de l’île. Des magasins ont été vandalisés et pillés, plusieurs incendies se sont déclarés et des affrontements violents ont eu lieu entre les groupes contestataires et les forces de l’ordre.

Des armes de guerre dérobées

Des armes de guerre et des munitions ont par ailleurs été enlevées au poste de douane de Pointe-à-Pitre, où un incendie criminel a aussi été déclenché.

Menaces sur les soignants

Des personnels hospitaliers non-grévistes ont été menacés ou agressés en se rendant sur leur lieu de travail. Des menaces avec des armes à feu, mais aussi des jets de pierre sur des voitures ont été rapportés. Certains soignants ont dû emprunter des routes secondaires pour éviter les barrages.

Vers une pénurie ?

Les rayons des magasins se vident progressivement, les populations faisant des réserves d’alimentation et d’eau en prévision d’une situation difficile. Des pénuries de carburant menacent dans certaines parties de l’île.

Des renforts de métropole

Pour faire face à cette situation inédite, le gouvernement a expédié plusieurs dizaines d’agents du RAID et du GIGN en renfort de la police locale.

Un couvre-feu depuis vendredi dernier

Un couvre-feu a par ailleurs été mis en place de 18 heures à 6 heures du matin depuis vendredi dernier. Il vient d’être prolongé jusqu’au 28 novembre après une nouvelle nuit de violences.

Le mouvement s’est étendu à la Martinique

Le mouvement a gagné l’île voisine de la Martinique, avec un appel à la grève générale depuis le 22 novembre. Le préavis de grève revendique la fin de l’obligation vaccinale et des suspensions de poste, mais aussi une hausse des salaires et des minima sociaux.

Des revendications multiples

Au-delà de l’épidémie de Covid-19, ces départements d’outre-mer sont frappés par des problèmes économiques et sociaux plus globaux. Pour la secrétaire générale de l’Union générale des travailleurs de Guadeloupe (UGTG), citée par « Le Figaro », l’obligation vaccinale a été «la goutte d'eau qui a fait déborder le vase», mais le mouvement reflète avant tout la «profondeur des souffrances, des inégalités, de la pauvreté et de l'exclusion subies par la population».

Des îles frappées par la crise économique

Le tourisme étant la principale ressource économique des Antilles, la Guadeloupe et la Martinique ont été frappées de plein fouet par les restrictions liées au Covid et par la crise économique. Cette situation s’ajoute à la faiblesse générale de l’activité et au coût de la vie élevé à cause des importations.

 

Le fléau du chômage des jeunes

Selon les statistiques officielles, le chômage des jeunes avoisine les 50% en Guadeloupe et en Martinique. Nombre d’entre eux restent sans formation à l’issue de leur scolarité et n’ont aucune perspective professionnelle. Les plus diplômés émigrent le plus souvent en France métropolitaine.

Le précédent de 2009

Ce n’est pas la première fois que la Guadeloupe est le théâtre d’un puissant mouvement de contestation. Durant l’hiver 2009, une grève de protestation contre le coût de la vie avait duré 44 jours. De nombreuses professions des secteurs public et privé y avaient participé : écoles, transports publics, stations-services, commerces…

Une levée des barrages

Pour éviter l’escalade de violences, l’intersyndicale a appelé à la levée des barrages en Martinique, dans la nuit du 23 au 24 novembre. Rien ne garantit cependant que les grévistes non-syndiqués obéiront à cette consigne.

Vers un retour au calme ?

Si les dernières nuits ont été plus calmes, les barrages sont toujours en place en Guadeloupe et l’île reste en grande partie paralysée par les entraves à la circulation. Le début d’un enlisement ou le signe d’un retour à la normale ?

Le gouvernement reste ferme

Le gouvernement ne souhaite pas dialoguer avec les groupes qui refusent de condamner les violences commises ces derniers jours. Il a par ailleurs exclu de revenir sur l’obligation vaccinale pour les soignants. Le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a fait du rétablissement de l’ordre « le préalable à toute discussion ».

Plus de solidarité économique

Tout en condamnant les violences, le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, a rappelé l’importance du fonds de solidarité pour les Antilles. La métropole va-t-elle davantage soutenir les départements d’outre-mer une fois la crise terminée ?

Le mouvement se poursuit

En attendant la résolution de la crise, la Guadeloupe et la Martinique restent plongées dans le chaos, entre grève générale, barrages routiers et violences éparses. Il est encore difficile de prévoir combien de temps les protestations vont durer et quelles actions concrètes Paris va mener dans l’intérêt des populations antillaises.

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